Mise à jour du 23 mars 2022

Hommage à mon ami François Ollivaud

 François Ollivaud est décédé le 21 février dernier.

 

Au-delà de la peine que je ressens et partage avec mon épouse, cette triste nouvelle ne m'a pas surpris. François et moi correspondions assez régulièrement par Internet depuis plus de vingt ans et le dernier message qu'il m'a adressé le 14 février était pour le moins inquiétant.

François nous a accueilli à Tontouta, ma famille et moi, en 1974, lorsque je fus nommé au C.E.G. de Bourail, dont il était le directeur, puis en 1988, lorsque je suis revenu en Nouvelle-Calédonie pour enseigner au lycée  Jules Garnier.

Lui et sa femme nous ont rendu visite à plusieurs reprises : la première fois c'était au Maroc, il nous a laissé la cassette dédicacée que j'ai choisie pour illustrer cette page ;  les autres fois, c'était chez nous, en Charente-Maritime.

Entretemps, à Bourail et à Nouméa, combien de joyeux moments avons nous partagés !

Depuis notre retour définitif en métropole, il est le seul, sur "le Caillou", avec qui j'ai correspondu régulièrement .

J'ai perdu un ami, un véritable ami qui reste à ce jour la personne la plus extraordinaire qu'il m'ait été donné de rencontrer.

Toutes mes condoléances à Danièle, à leur fille et à leur fils, ainsi qu'à leurs petits enfants.

 

Georges Coquilhat

Mise à jour du 16 juin 2020

Le 5 juillet 1962 à L'Echo d'Oran

 

Voilà cinquante-huit ans – le 16 juin 1962 –, en plein service militaire, j'accédais à Oran au grade de sous-lieutenant de réserve. Moins de trois semaines plus tard, je recevais pour mission d'occuper avec ma section l'immeuble du journal L'Echo d'Oran afin d'en interdire l'accès durant les festivités prévues à l'occasion de l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet.

 

Une suite d'événements fortuits m'a conduit à me rappeler ce passé déjà lointain, souvent occulté ou déformé dans la mémoire collective.

 

Cette démarche a eu pour résultat un livre dont la rédaction a contribué à m'éloigner pendant plus d'un an du présent site et s'il ne me semble pas incongru de le présenter ici, c'est parce que les faits relatés m'ont marqué au point de contribuer à me détourner en 1980 – après six ans de séjour à Bourail – de l'opportunité qui m'était offerte de rester en Nouvelle-Calédonie en optant pour le cadre territorial.

 

Le « Préambule » que je reproduis ci-après donne plus de détails sur la genèse de ce fragment d'autobiographie et le « Sommaire » qui suit résume l'ensemble du contenu de cet ouvrage (version « papier » : 15,4x23,4 – 245 pages).

 

 

 

 

 

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Couverture :

 

L'EOR Georges Coquilhat au Bordj Robrini (septembre 1961).

 ***

 

Préambule

 

 

La narration de cette histoire vraie en tous points et sans fioritures était des plus improbables. N'ayant par nature aucun goût pour me mettre en scène, je n'avais jamais envisagé d'écrire ne serait-ce qu'un simple chapitre autobiographique.

 

Il a fallu un concours de circonstances pour me décider à entreprendre la rédaction de ce récit couvrant six à sept cents journées de ma vie.

 

En premier lieu, le fait que l'une d'entre elles est historique au vu d'événements épouvantables survenus en un lieu précis où je me trouvais. À ce titre, elle vaut d'être éclairée, si peu cela soit-il, par le témoignage que je suis en mesure d'apporter. Il s'agit du 5 juillet 1962 à Oran.

 

Ensuite, l'article publié dans La Voix du Combattant de mai 2016 sous le titre « La trahison du cessez-le-feu » a été l'élément déclencheur. Son auteur, Gérard Chapuis, était sous-lieutenant au 5e Régiment d'Infanterie, progressivement établi à Oran dans le courant du premier semestre 1962. Il en était de même pour moi. Sans doute nous sommes-nous connus, mais je ne me souviens pas de lui, nous ne faisions pas partie du même bataillon, nous n'étions pas cantonnés au même endroit et son temps de service en Algérie venant à expiration, il s'est embarqué à Mers-el-Kebir fin mai alors que je suis resté dans le pays près de trois mois encore.

 

Au départ, je n'avais en projet que d'écrire une suite menant en deux ou trois pages à l'aboutissement d'un processus fatal. Pour m'aider dans cette tâche, je disposais d'un petit agenda de l'année 1962 que j'ai conservé. De toute mon existence, c'est la seule période durant laquelle j'ai tenu une sorte de journal personnel, quelques mots par jour tout au plus, parfois un simple « RAS » (rien à signaler) ou une page blanche. Peu de chose on le voit, mais la lecture des notes que j'avais griffonnées dans ce carnet m'a permis de retrouver quantité de détails lointains enfouis au fond de ma mémoire.

 

Le destin m'ayant fait historien, j'ai alors éprouvé un impérieux besoin de me replonger dans l'ambiance de l'époque en recourant à des documents consultés sur Internet et il m'est très vite apparu qu'un article dans la revue mensuelle de l'Union nationale des combattants ne suffirait pas à me donner le sentiment du devoir accompli.

 

Il y avait tant à ajouter, tant de réflexions à partager qui me venaient de l'expérience acquise et des éclaircissements apportés, une fois les conséquences connues en raison des années écoulées, sur les causes cachées d'événements dont le bon peuple abusé n'avait pu saisir la portée en son temps !

 

C'est pourquoi je me suis lancé dans une écriture au jour le jour de mon service militaire. Le résultat final en est ce petit livre avec lequel j'ai repassé un peu du film que les ans m'ont laissé en souvenir de ce fragment de ma jeunesse.

 

 ***

 

 Sommaire

 

 

Préambule                                             9

 

 

Les classes                                            11

 

1 - Au 18e BCP

 

2 - Le peloton de Souge

 

3 - De Marseille à Alger

 

 

L' EMIC                                                35

 

4 - De Lattre et Leclerc

 

5 - La ferme Faizant

 

6 - Le quartier Dubourdieu

 

 

Le 5RI                                                71

 

7 - Aïn-Temouchent

 

8 - Misserghin

 

9 - Bou-Tlelis

 

10 - Oran

 

11 - Trois jours à L'Echo d'Oran

 

12 - Lourmel

 

 

Le CI du 5e RI                                   191

 

13 - Blois

 

 

Épilogue                                            207

 

 

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Photo de 1984, l'année où j'ai soutenu ma thèse à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Photo de 1984, l'année où j'ai soutenu ma thèse à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

 

Georges Coquilhat et la Nouvelle-Calédonie.

 

Né le 1er novembre 1940 à Marseille

Professeur retraité, historien de la Nouvelle-Calédonie.

Auteur d'une thèse soutenue à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales le 7 mars 1984 [Jury : MM. Jean Chesneaux, président, Jacques Julliard, Denys Lombard, rapporteur].

Cette thèse a été publiée dans une version réduite sous le titre La Presse en Nouvelle-Calédonie au XIXème siècle, [SEHNC, publication N° 38, Nouméa, avril 1987].

Divers articles d'histoire et quelques autres petites choses ont accompagné ce travail que je continue d'étoffer à travers les mises à jour occasionnelles du présent site.

 

***

 

Ma première rencontre avec la Nouvelle-Calédonie ne date pas d'hier : je devais avoir sept ou huit ans lorsque mon père, gendarme, mentionna pour le première fois devant moi le nom de cette colonie lointaine (1947 ou 1948, c'était encore le temps des colonies). Il y avait des postes de gendarme à pourvoir là-bas et il songeait à faire sa demande de mutation. Nous avons cherché dans le dictionnaire et dans un atlas où se trouvait la Nouvelle-Calédonie et c'est ainsi que, très jeune, j'ai fait partie de ces rares métropolitains qui, à l'époque, avaient connaissance de son existence.

En fin de compte, mon père n'a pas fait sa demande de mutation. Nous sommes restés à Bourg d'Oisans, à mon grand dépit car la Nouvelle-Calédonie, le Pacifique m'avaient donné de quoi rêver ; je n'ai jamais oublié par la suite.

 

Après mon service militaire en Algérie, dont l'école des E.O.R. de Cherchell (promotion 106, "Croix de la Valeur militaire"), je suis entré dans la vie active civile comme instituteur, en Champagne où je me suis marié.

Devenu professeur, j'ai demandé un poste hors métropole dès que l'occasion m'en a été donnée et le destin a fait que j'ai obtenu le collège de Bourail, en 1974. Notre fils aîné y a reçu ses premiers cours d'anglais ; son cadet, y a appris à lire et plus que cela ; notre troisième fils est né à Nouméa en 1978, l'année du centenaire... C'était le bon temps.

Parti de Bourail six ans plus tard, fin de séjour oblige, j'ai enseigné durant les six années suivantes au lycée Descartes de Rabat (Maroc).

Deux ans de retour en France métropolitaine, puis j'ai obtenu de revenir en Nouvelle-Calédonie en 1988, à Nouméa cette fois, où j'ai d'abord enseigné au lycée Jules Garnier, ensuite au collège Georges Baudoux et aussi à l'Université française du Pacifique...

Finalement, un grand malheur familial m'a contraint à rentrer en métropole, juste deux ans avant l'âge de ma retraite que je comptais bien prendre sur le Caillou.

 

 

***

 

 

Le paquebot Armand Béhic arrivant en rade de Nouméa. (Entre 1895 et 1905)
Le paquebot Armand Béhic arrivant en rade de Nouméa. (Entre 1895 et 1905)

Je n'ai probablement pas été le premier de ma famille à venir en Nouvelle-Calédonie.

Voilà quelques années, je suis entré en possession de papiers ayant appartenu à mon grand-père maternel, décédé la veille du jour de ma naissance et dont je porte le prénom. Mon grand-père a mené la rude vie des marins de son temps, tout au bas de l'échelle car il n'avait qu'une instruction élémentaire : engagé comme mousse à l'âge de douze ans, il a été chauffeur à bord de vapeurs au long cours durant la majeure partie de sa vie, c'est-à-dire qu'il enfournait le charbon dans la chaudière mais aussi qu'il a fait plusieurs fois le tour du monde.

En lisant son "Extrait de la Matricule des Gens de Mer", j'ai découvert qu'il était à bord de l'Armand Béhic lorsque ce paquebot des Messageries Maritimes qui faisait la ligne entre Marseille et Nouméa a accompli ses deux derniers voyages (24 août 1923 – 18 février 1924 et 29 mars 1924 – 27 août 1924).

Un doute subsiste cependant parce que ce navire ne faisait plus la ligne d'Australie et Nouvelle-Calédonie après 1912, et que l’extrait de la "matricule" en ma possession ne commence qu'en 1918, le précédent ayant disparu au cours du naufrage d'un navire à bord duquel se trouvait mon grand-père, torpillé durant la Grande guerre.